Seulement dans des livres, comme vous dites. Seulement! Les livres ne peuvent jamais être seulement ; ils peuvent seulement être toujours.
Jeff Noon
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4 juin 2013

Faites un voeu . . . et dites Dystopia.



   Lorsque je vous le dirai, vous fermerez les yeux et vous souhaiterez un monde où règnent deux lunes. Vous souhaiterez ce monde dominé par une fédération dont la seule ambition serait de s’étendre en ralliant de nouveaux territoires par la diplomatie ou par la guerre. 


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez lire l’histoire de cette fédération et des soldats qui ont vécu, se sont battus et sont morts pour elle. Vous souhaiterez cette histoire comme autant de chroniques et de contes relatant ses mythes et ses légendes. Vous souhaiterez que ces contes vous entraînent dans des forêts mystérieuses, au bord de sombres lacs, dans des villes étouffantes et des garnisons glacées, entourés de fantômes, de vampires et de nymphes, d’histoires d’amour et de vengeances, de héros et de lâches.


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez que ces chroniques se construisent comme un puzzle, chaque pièce autonome s’ajustant aux autres pour dessiner des motifs, tracer un chemin qui vous conduise vers une image finale qui ne se révélera qu’une fois la dernière pièce installée.


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez un livre regroupant ces histoires, un livre écrit par deux auteurs audacieux à la plume élégante emprunte de poésie, au style envoûtant et impérissable. Vous souhaiterez lire un chef-d’oeuvre, de ceux qui, 50 ou 100 ans plus tard, n’auront pas pris une ride et provoqueront toujours autant d’émotions.


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez ce livre absolument magnifique, parce que je vous le dis mais surtout parce que vous savez maintenant qu’un tel livre existe, qu’il se nomme Les Soldats de la mer et que grâce à lui, vous comprendrez une fois de plus pourquoi certains textes deviennent des classiques immortels et, grâce à lui, vous vous étonnerez, une fois encore, qu’avec quelques mots, certains peuvent prétendre toucher la perfection.


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez, car vous savez que cette fois-ci, ce voeu, Yves et Ada Rémy l’ont déjà exaucé. 


   Maintenant, fermez les yeux.



   Et quand vous les rouvrirez, vous vous précipiterez pour vous procurer la réédition des Soldats de la mer chez votre libraire préféré car au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, cela fait deux minutes que j’essaie de vous hypnotiser par écrans interposés sans grand espoir de succès mais si vous pouviez faire un petit effort quand même... Achetez ce livre et vous dormirez du sommeil du juste, soulagés et heureux de savoir que si le père Noël n’existe pas, Yves et Ada Rémy eux, oui.

CITRIQ

3 sept. 2012

Rien ne sert de courir, suffit de savoir la fin.





  Kemal, pêcheur d’huitres, possède une main à six doigts et un talent rare : celui de pouvoir détecter quelles huitres donneront les plus belles perles. Retenu prisonnier par l’émir qui souhaite ardemment une prédiction précise sur son futur,  il voit son talent se développer, à tel point qu’il parvient désormais à voir très loin dans le futur. Trop loin. Il ne sert plus à rien à l’émir qui se débarrasse de lui. Rejeté sur les routes, Kemal traversera de multiples contrées où il dévoilera ses prophéties à chacune de ses rencontres. Mais bientôt, ses visions raccourcissent pour petit à petit se rapprocher de sa propre ligne de temps.


  Après le destin de l’humanité dans Cartographie des nuages, le destin toujours mais cette fois à l’échelle de l’individu avec Le Prophète et le Vizir, de Yves et Ada Rémy. Eternel dilemme : le destin existe-t-il et si oui, peut-on le contrarier?


  Lu cet été (Oui je sais! Comment se fait-il que je n’en parle que maintenant? Tout se perd ma brave dame! Mais cet été, c’était les vacances et les vacances, ça sert à vacacionner!), le nouveau libre-objet des éditions Dystopia est comment dire... encore une réussite? C’est un peu convenu certes, n’empêche que c’est vrai!


  Alors attention, je n’irai pas jusqu’à dire qu’on touche au chef-d’oeuvre comme pour le Lisa Tuttle. Mais Le Prophète et le Vizir possède une touche de légèreté parsemée de petites paillettes d’humour second degré dans une histoire somme toute dirons-nous sérieuse, écrite avec beaucoup d’élégance, de finesse et de fluidité, le tout dans un superbe emballage (marque de fabrique des éditions Dystopia). Tout cela en fait un petit texte plein d’évasion dont l’ambiance digne des Milles et Une Nuits vous enveloppe et qui se lit d’une seule traite.


  Oubliez le temps pourri de début septembre, la rentrée des classes, la reprise du boulot, les impôts à payer, lisez Le Prophète et le Vizir car c’est le «livre à voyager» type. Une belle parenthèse à emmener partout car où que vous soyez, c’est lui qui vous emmène ailleurs.




CITRIQ