Seulement dans des livres, comme vous dites. Seulement! Les livres ne peuvent jamais être seulement ; ils peuvent seulement être toujours.
Jeff Noon
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10 déc. 2015

Bienvenue dans La Ville Qui n'Existe Pas ...



... et pour qu'elle puisse encore une fois ne pas exister sauf dans votre bibliothèque et celle de plein plein plein d'autres gens, dans votre tête et celle de plein plein plein d'autres gens, et bien les éditions Dystopia ont besoin de votre porte monnaie et celui de plein plein plein d'autres gens.


  Quouaaaa !?! Vous ne voyez pas du tout de quoi-qui-qu'est-ce-mais-qu'est-ce-que-vous-voulez-exactement ? Alors quand on dit Yirminadingrad, c'est pas pour faire comme Mary Poppins. C'est parce qu'on parle de ça :




   Et d'abord, vous allez aller pour jeter votre oeil insatisfait et vous découvrirez la ville créée par Jacques Mucchielli et Léo Henry.


 Ensuite, vous pourrez comprendre tout l'intérêt du projet qui se poursuit avec ça :




et ça :




   Donc, Adar viendra compléter ce petit voyage ou même vous initier. Et au cas où vous vous poseriez encore la question de pourquoi participer, regardez donc la liste des auteurs au sommaire d'un peu plus près... vous aurez de quoi faire vibrer vos neurones.

Stéphane Beauverger
David Calvo
Alain Damasio
Mélanie Fazi
Vincent Gessler
Sébastien Juillard
Laurent Kloetzer
luvan
Norbert Merjagnan
Jérôme Noirez
Anne-Sylvie Salzman
Maheva Stephan-Bagni


   Oui, je sais, moi aussi ça m'a fait de l'effet.



   Donc, maintenant, vous n'avez plus d'autre choix que d'aller cliquer ICI pour plus d'informations sur la marche à suivre.


   Et comme j'aime à le dire, c'est toujours ça que les impôts n'auront pas.

6 mai 2014

Don’t worry, read Tuttle.



   Vous l’avez attendu à vous en faire claquer les neurones de la patience (si si, on vous a vu errant comme une âme en peine vêtu de votre tee-shirt préféré « She will be back… too»), et bien… … AYÉ!!!! Enfin, le Lisa Tuttle nouveau est arrivé et croyez-moi ou pas (enfin c’est pas la peine de venir ici si c’est pour pas me croire!), c’est pas un goût de framboise-banane qu’il a mais bien le goût du 100% AOC Tuttle, autrement dit le goût du fantastique, le goût de l’angoisse, le goût de l’onirisme, bref! en un mot comme en cent ou même en deux : Quel Talent!


   Et c’est bien évidemment les éditions Dystopia, qui avaient déjà jadis-y-a-peu-de-temps lancé la pierre dans la marre avec Ainsi Naissent les Fantômes, qui s’y recollent avec cette fois-ci aux commandes de la traduction et de la présentation Nathalie Serval (souvenez-vous dans le premier c’était Mélanie Fazi) pour 14 nouvelles à découvrir ou re-découvrir, mais en tout cas à lire, c’est un ordre.


   Pourquoi? me demanderez-vous. Et bien, première raison : parce que, ce qui en soit constitue toujours un argument de choc.

   Deuxième raison : Lisa Tuttle, ce qui en soit est également un argument de choc, doublement plus efficace que le précédent.

   Troisième raison : je suis persuadée que quoique vous en disiez vous n’avez rien de plus intéressant à faire et cherchez bien parce que il n’y a quand même que peu de choses qui puissent se révéler plus intéressantes que lire Lisa Tuttle, là tout de suite.

  Quatrième raison : parce que rien que l’objet livre donne envie de le toucher et donc, de le lire! Merci qui? Merci Stéphane Perger! 



   Cinquième raison : parce que Lisa Tuttle élève la nouvelle au rang d’art. Chaque nouvelle possède une architecture parfaite, invisible mais bien là, discrètement et élégamment masquée par une écriture au scalpel. Rien n’est en trop. Rien ne manque. Un équilibre idéal pour encore une fois se jouer de nos peurs et de nos frustrations, celles qu’on s’impose ou qui nous sont imposées. Lisa Tuttle les met en image, leur donne littéralement vie en les personnifiant.


   Ces 14 nouvelles reflètent les thèmes chers à Lisa Tuttle déjà apparus dans Ainsi Naissent les Fantômes : la femme et donc la féminité et le féminisme, la maternité, la création, l’enfermement, la peur de la mort.


   Les Chambres Inquiètes , c’est parfois du fantastique qui n’en a pas l’air comme dans Vol pour Byzance (particulièrement stressante, on se surprend à vouloir dire à l’héroïne « mais barre-toi de là!!) ou Une Amie en Détresse ; c’est parfois drôle de manière ubuesque comme dans En Pièces Détachées ou Propriété Commune ; c’est parfois poétique et triste comme Oiseaux de Lune ou L’Autre Chambre ; mais c’est toujours terrifiant parce qu’au-delà de l’aspect fantastique, Lisa Tuttle réveille toujours une peur primaire. Car, en entendant des bruits de raclement et de grignotement dans la maison le soir quand le calme s’impose, qui peut dire que ce n’est pas à Nid d’Insectes qu’il pense et à la possibilité de se faire bouffer? Qui a envie de redevenir cette fille banale menant une vie sans intérêt dans un bled paumé sans attrait, sans ambition, sans ami, sans rien qui puisse laisser une trace disant j’étais là? Qui, en regardant son enfant, n’a pas cette crainte de le voir disparaître? Qui n’a jamais rêvé (cauchemardé plutôt) se réveiller dans un endroit inconnu parmi des gens inconnus sans savoir et sans trouver comment rentrer chez soi?


   Et voilà! Besoin d’autres raisons pour vous jeter sauvagement sur Les Chambres Inquiètes (et sur Ainsi Naissent les Fantômes si ce n’est pas déjà fait)?

   Les Chambres Inquiètes c’est beau, c’est bon mangez-en! Achetez du Lisa Tuttle sinon… … vous le regretterez.




CITRIQ

18 nov. 2013

L’eusses-tu Cru sans l’avoir lu?




  Dans un précédent épisode, précédant le précédent du précédent pour remonter à celui d’encore avant, je vous avais déjà dit tout le bien que je pensais d’une petite maison d’édition nommée Dystopia responsable entre autres forfaits de deux petits bijoux (pour ne pas encore répéter au risque déjà produit de le galvauder, le terme de chef-d’oeuvre) estampillés pour l’un Lisa Tuttle (traduite et présentée par Mélanie Fazi) et pour l’autre Yves et Ada Rémy, et encore coupable d’un autre excellent toujours signé Yves et Ada Rémy.


  Et bien, on ne continuera jamais assez (et nonobstant tout autre superlatif) de dire du bien d’eux pour nous proposer Cru, recueil de nouvelles de Luvan, surprenant, désarçonnant à plus d’un titre mais sans contestation possible la révélation d’une auteure qui n’en est pourtant pas à son coup d’essai en terme d’écriture (je vous incite fortement à visiter son site où l’on retrouve de manière ludique son travail aussi divers que varié).


  A la différence de Ainsi naissent les fantômes, Cru n’est pas un recueil de nouvelles à chutes mais tout comme Lisa Tuttle, Luvan possède le don de savoir mettre en exergue les ambiances, le mystère et une certaine noirceur.


  A l’image de sa couverture (encore une réussite de Stéphane Perger), Cru est sombre tout en possédant une certaine luminosité. Il se lit comme on explore une pièce plongée dans le noir, armé seulement d’une lampe torche. On avance à tâtons découvrant les éléments sans trop comprendre où l’on va. Luvan construit en pointillisme. Elle donne l’impression de jeter les éléments par bribes, par morceaux, comme ils viennent. Elle nous lâche et nous égare pour mieux nous récupérer à la fin. Certains abandonneront bien avant cette fin en râlant n’y rien comprendre et c’est dommage pour eux.


  Certaines nouvelles m’ont moi-même perdue au sens où je ne suis pas certaine de les avoir bien comprises (comme Le Tunnel ou Carmilla dont le côté poétique étouffe peut-être un peu l’histoire contée), mais en grande majorité, elles m’ont littéralement enveloppée (comme Le Brise-glace où chaque son semble sortir du livre) voire hypnotisée (comme Moroï ou La Femme Verte). Mon coup de coeur va sans doute possible à deux nouvelles en particulier : Le Pacte, nouvelle sur l’attachement et le sacrifice, et Le Rapt (l’amour n’est-il qu’une question de possession? Non, je ne vous en dirai pas plus), la dernière nouvelle, la plus longue, magnifique qui justifie à elle seule l’achat du recueil.


  Luvan sait parfaitement teinter son écriture de poésie et d’émotions, mais surtout, Luvan possède une écriture sonore : le bruit de la neige, le craquement de la glace, celui d’une cigarette en train de se consumer, le bruit de la nuit, le son d’une respiration rauque, les nouvelles de Luvan s’entendent autant qu’elles se lisent.


  Cru fait partie de ces lectures qui ne s’offrent pas d’elles-mêmes mais qui se méritent. Sa beauté est comme celle de certaines femmes, visible uniquement dans le vécu, dans l’expérience. Un peu comme croiser une femme charmante. Sur le moment, on se dit qu’elle est belle mais c’est lorsqu’on s’arrête réellement, qu’elle se met à bouger, à parler, à sourire, qu’on se rend réellement compte de l’étendue du charme et alors, il est déjà bien trop tard, on est littéralement subjugué.


  Cru est ainsi. Il subjugue. C’est l’un de mes coups de foudre de l’année et chaque relecture me fait l’aimer d’avantage. Car Cru n’est pas un recueil qui se lit mais qui se relit pour qu’ainsi, il prenne toute son ampleur et son emprise sur le lecteur.


  Que dire sinon un merci tonitruant aux éditions Dystopia pour avoir rendu tangible ce recueil dans un objet encore une fois parfait, et bien entendu à Luvan, première responsable et qui fait partie de ces talents qui, dans une recrudescence de littératures cruellement fades et toutes interchangeables, s’incrustent, bousc(r)ulent et prouvent que oser, c’est bien, l’audace c’est encore mieux pour un plaisir toujours accru.



  Incruyable, non? Je vous l’avais dit!



CITRIQ

4 juin 2013

Faites un voeu . . . et dites Dystopia.



   Lorsque je vous le dirai, vous fermerez les yeux et vous souhaiterez un monde où règnent deux lunes. Vous souhaiterez ce monde dominé par une fédération dont la seule ambition serait de s’étendre en ralliant de nouveaux territoires par la diplomatie ou par la guerre. 


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez lire l’histoire de cette fédération et des soldats qui ont vécu, se sont battus et sont morts pour elle. Vous souhaiterez cette histoire comme autant de chroniques et de contes relatant ses mythes et ses légendes. Vous souhaiterez que ces contes vous entraînent dans des forêts mystérieuses, au bord de sombres lacs, dans des villes étouffantes et des garnisons glacées, entourés de fantômes, de vampires et de nymphes, d’histoires d’amour et de vengeances, de héros et de lâches.


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez que ces chroniques se construisent comme un puzzle, chaque pièce autonome s’ajustant aux autres pour dessiner des motifs, tracer un chemin qui vous conduise vers une image finale qui ne se révélera qu’une fois la dernière pièce installée.


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez un livre regroupant ces histoires, un livre écrit par deux auteurs audacieux à la plume élégante emprunte de poésie, au style envoûtant et impérissable. Vous souhaiterez lire un chef-d’oeuvre, de ceux qui, 50 ou 100 ans plus tard, n’auront pas pris une ride et provoqueront toujours autant d’émotions.


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez ce livre absolument magnifique, parce que je vous le dis mais surtout parce que vous savez maintenant qu’un tel livre existe, qu’il se nomme Les Soldats de la mer et que grâce à lui, vous comprendrez une fois de plus pourquoi certains textes deviennent des classiques immortels et, grâce à lui, vous vous étonnerez, une fois encore, qu’avec quelques mots, certains peuvent prétendre toucher la perfection.


   Vous fermerez les yeux et vous souhaiterez, car vous savez que cette fois-ci, ce voeu, Yves et Ada Rémy l’ont déjà exaucé. 


   Maintenant, fermez les yeux.



   Et quand vous les rouvrirez, vous vous précipiterez pour vous procurer la réédition des Soldats de la mer chez votre libraire préféré car au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, cela fait deux minutes que j’essaie de vous hypnotiser par écrans interposés sans grand espoir de succès mais si vous pouviez faire un petit effort quand même... Achetez ce livre et vous dormirez du sommeil du juste, soulagés et heureux de savoir que si le père Noël n’existe pas, Yves et Ada Rémy eux, oui.

CITRIQ

3 sept. 2012

Rien ne sert de courir, suffit de savoir la fin.





  Kemal, pêcheur d’huitres, possède une main à six doigts et un talent rare : celui de pouvoir détecter quelles huitres donneront les plus belles perles. Retenu prisonnier par l’émir qui souhaite ardemment une prédiction précise sur son futur,  il voit son talent se développer, à tel point qu’il parvient désormais à voir très loin dans le futur. Trop loin. Il ne sert plus à rien à l’émir qui se débarrasse de lui. Rejeté sur les routes, Kemal traversera de multiples contrées où il dévoilera ses prophéties à chacune de ses rencontres. Mais bientôt, ses visions raccourcissent pour petit à petit se rapprocher de sa propre ligne de temps.


  Après le destin de l’humanité dans Cartographie des nuages, le destin toujours mais cette fois à l’échelle de l’individu avec Le Prophète et le Vizir, de Yves et Ada Rémy. Eternel dilemme : le destin existe-t-il et si oui, peut-on le contrarier?


  Lu cet été (Oui je sais! Comment se fait-il que je n’en parle que maintenant? Tout se perd ma brave dame! Mais cet été, c’était les vacances et les vacances, ça sert à vacacionner!), le nouveau libre-objet des éditions Dystopia est comment dire... encore une réussite? C’est un peu convenu certes, n’empêche que c’est vrai!


  Alors attention, je n’irai pas jusqu’à dire qu’on touche au chef-d’oeuvre comme pour le Lisa Tuttle. Mais Le Prophète et le Vizir possède une touche de légèreté parsemée de petites paillettes d’humour second degré dans une histoire somme toute dirons-nous sérieuse, écrite avec beaucoup d’élégance, de finesse et de fluidité, le tout dans un superbe emballage (marque de fabrique des éditions Dystopia). Tout cela en fait un petit texte plein d’évasion dont l’ambiance digne des Milles et Une Nuits vous enveloppe et qui se lit d’une seule traite.


  Oubliez le temps pourri de début septembre, la rentrée des classes, la reprise du boulot, les impôts à payer, lisez Le Prophète et le Vizir car c’est le «livre à voyager» type. Une belle parenthèse à emmener partout car où que vous soyez, c’est lui qui vous emmène ailleurs.




CITRIQ

9 sept. 2011

Poussez Madame, on voit le . . . . . . tentacule!!

  Il y a les auteurs étrangers oubliés des maisons d’éditions françaises.


  Il y a les auteurs qui réussissent à vous accrocher en quelques mots pour vous entraîner dans une spirale oppressante et finir par vous relâcher dans une claque.


  Il y a les auteurs qui sont comme une révélation lumineuse dans votre imaginaire littéraire (attention, si vous voyez un grand barbu brillant dans une aura suspecte et vous ordonnant d’éviter de trop regarder la femme du voisin, c’est que vous vous êtes trompés de livre, ou alors que vous avez abusé de substances également suspectes et certainement encore interdites dans notre bon pays, c’est selon).


  Et il y a Lisa Tuttle qui est tout cela à la fois, la barbe en moins cependant. 



  On ne remerciera donc jamais assez Mélanie Fazi et les éditions Dystopia pour nous offrir la possibilité de (re-)découvrir cette auteure avec ce recueil excellent dans son fond et magnifique dans sa forme.

  Lisa Tuttle fait partie de ces auteurs qui savent créer des ambiances avec un rien  (capacité que l’on retrouve chez Mélanie Fazi qui est certainement à ce jour l’une des meilleures novellistes françaises on ne le dira jamais assez).

  Avec une écriture simple et efficace servant une construction bien agencée, Lisa Tuttle parvient dans chacune de ces six nouvelles à peindre une toile de fond et une intrigue en quelques pages. Que ce soit à travers le sujet de la création artistique (L’heure en plus), de la maternité (Ma Pathologie), du langage (Le Remède), ou encore celui de la capacité que possède notre esprit à nous protéger de la réalité (Rêves captifs), Ainsi naissent les fantômes explore le thème de l’enfermement, celui que l’on subit mais aussi celui que l’on s’inflige soi-même.

  L’imaginaire fantastique de Lisa Tuttle est accessible à tous, lecteurs de ce genre littéraire ou pas, car elle aborde les peurs et obsessions communes à beaucoup d’entre nous.

  Alors soyons clairs et n’ayons pas peur des mots : chaque nouvelle justifie à elle-seule l’achat de ce recueil. 


  Alors six nouvelles?... et bien ce sont six bonnes raisons de tomber amoureux de Lisa Tuttle