Seulement dans des livres, comme vous dites. Seulement! Les livres ne peuvent jamais être seulement ; ils peuvent seulement être toujours.
Jeff Noon
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10 déc. 2015

Bienvenue dans La Ville Qui n'Existe Pas ...



... et pour qu'elle puisse encore une fois ne pas exister sauf dans votre bibliothèque et celle de plein plein plein d'autres gens, dans votre tête et celle de plein plein plein d'autres gens, et bien les éditions Dystopia ont besoin de votre porte monnaie et celui de plein plein plein d'autres gens.


  Quouaaaa !?! Vous ne voyez pas du tout de quoi-qui-qu'est-ce-mais-qu'est-ce-que-vous-voulez-exactement ? Alors quand on dit Yirminadingrad, c'est pas pour faire comme Mary Poppins. C'est parce qu'on parle de ça :




   Et d'abord, vous allez aller pour jeter votre oeil insatisfait et vous découvrirez la ville créée par Jacques Mucchielli et Léo Henry.


 Ensuite, vous pourrez comprendre tout l'intérêt du projet qui se poursuit avec ça :




et ça :




   Donc, Adar viendra compléter ce petit voyage ou même vous initier. Et au cas où vous vous poseriez encore la question de pourquoi participer, regardez donc la liste des auteurs au sommaire d'un peu plus près... vous aurez de quoi faire vibrer vos neurones.

Stéphane Beauverger
David Calvo
Alain Damasio
Mélanie Fazi
Vincent Gessler
Sébastien Juillard
Laurent Kloetzer
luvan
Norbert Merjagnan
Jérôme Noirez
Anne-Sylvie Salzman
Maheva Stephan-Bagni


   Oui, je sais, moi aussi ça m'a fait de l'effet.



   Donc, maintenant, vous n'avez plus d'autre choix que d'aller cliquer ICI pour plus d'informations sur la marche à suivre.


   Et comme j'aime à le dire, c'est toujours ça que les impôts n'auront pas.

20 oct. 2015

Si ça continue, va falloir que ça cesse !




Cher David,

  si certains longtemps se sont couchés de bonne heure (moi aussi chaque fois que j’ai essayé Proust je suis allée me coucher), j’ai quant à moi longtemps réfléchi à comment entamer cette lettre. J’ai tergiversé (environ 30 secondes) mais finalement j’irai droit au but : à un moment donné, David, faudrait quand même voir à arrêter les conneries !


   Là, tu fais l’innocent et tu te demandes de quoi je peux bien te causer. De ton nouveau roman, évidemment, si tant est que je puisse appeler ça un roman. Certaines personnes en charge de définir les définitions du sens des mots pourraient être tentées de classer tes créations dans les substances illicites ou les psychotropes ayant pour but de créer un effet de dépendance bref… Aldous Huxley président !


   Ton nouveau roman, donc, Sous la Colline, aux éditions La Volte (maison d’édition fort embêtante au demeurant et qui mériterait également que je lui adresse une lettre bien sentie), nous raconte l’histoire de la découverte, après un incendie dans l’Unité d’Habitation du Corbusier à Marseille, d’un placard non référencé. Et comme chacun sait, il faut se méfier des placards inconnus, surtout quand c’est toi qui la racontes, l’histoire.


   Est-ce qu’au moins tu as conscience de ce que tu fais ? Parce que là, c’est du grand n’importe quoi !! Tu ne peux pas écrire des romans qu’on n’a pas envie de quitter, des romans dont on veut connaître la fin mais dont on ne veut pas voir la fin ! Te rends-tu compte du paradoxe, du conflit intérieur, dans lequel tu plonges le lecteur ? Toi, t’es là, t’écris tes histoires géniales comme Elliot du Néant, qui pourrait recevoir des prix d’ailleurs, genre… …laisse moi réfléchir… tiens, un Grand Prix de l’Imaginaire par exemple (heureusement qu’on ne te le donne pas ! Il reste encore des gens sains d’esprit dans ce monde. Non mais on va où là si on se met à donner des prix à des romans géniaux !?!). Mais bon, ceci est un autre problème. Revenons à nos écureuils.


   Sous la Colline. Bon d’accord, je te l’accorde, il est sans doute moins magique qu’Elliot du Néant, mais c’est pas une raison ! Mais qu’est-ce que tu crois ? Que j’ai que toi à lire ? Tu ne peux pas me faire ça David ! Nous faire ça ! Je lis ton roman et non seulement je n’ai pas envie que ça s’arrête mais quand ça s’arrête, parce que ça s’arrête à un moment donné malgré tous mes efforts, et bien tout s’arrête. Tu comprends un peu !?! Il y a ce moment qui suit la dernière page tournée où on est encore sous ton emprise, comme si l’ambiance du récit sortait des pages et se diluait dans l’air ambiant. Et du coup, qu’est-ce qui se passe ? Je te le demande ! Ben je vais te le dire puisque t’as pas l’air de savoir ! Ben il se passe qu’on peut rien lire d’autre pendant un certain temps, voire un temps certain parce que tout roman qui suivrait le tien en pâtirait forcément (du coup, il pâtirait pas très loin d’ailleurs). Tu crois que j’ai que ça à foutre MOI !?! Arrêter de lire parce que TON roman est encore dans MA tête !!


   Ton roman, parlons-en justement. Il se déroule donc, dans l’Unité d’Habitation du Corbusier à Marseille où il se passe des choses étranges (qu’il me paraît difficile de décrire plus avant dans le détail parce que chaque ingrédient que tu amènes mérite l’étonnement qu’il génère et surtout parce que ce serait dangereux, ça pourrait susciter la curiosité de nouveaux lecteurs. Je vais quand même pas leur dire qu’on ne s’ennuie pas, qu’il y a toujours une rencontre, un incident, un détail de l’immeuble pour intriguer. Tu ne m’auras pas comme ça ! ). Et voilà ! Maintenant, on a qu’une envie : celle d’aller jouer au pingouin pour visiter ce bâtiment qui parait-il, est une oeuvre d’art. Et tu crois que j’ai que ça à foutre MOI !?! Aller visiter des oeuvres d’art ! Mais si la culture m’intéressait, je serais libraire !


   D’ailleurs, puisqu’on en parle (enfin c’est surtout moi qui parle là, toi on t’a pas beaucoup entendu jusque là cela dit en passant, tout vient à point à qui sait se servir, mais comme c’est une lettre c’est peut-être normal cela dit !). Donc, parlons-en ! Te rends-tu compte de la situation dans laquelle tu me mets justement en tant que libraire ? Parce que moi, pauvre innocente, quand une cliente me demande conseil, je lui demande si elle te connaît le plus innocemment possible bien sûr (je m’étonne toujours qu’ils ne te connaissent pas mais en même temps, ça me rassure, je me dis que c’est peut-être pour ça que le monde ne part pas en couilles…euh… ou alors c’est l’inverse peut-être…parce qu’ils ne te connaissent pas que le monde part en couilles !?!). Bref, quand elle me dit non, cette cliente, je lui fourgue ton roman, toujours le plus innocemment possible, parce que je me dis que bon, le problème vient peut être de moi. Et là, figure-toi qu’elle revient me voir pour me dire que, je cite : « c’est génial, j’adore mais c’est terrible j’ai pas envie que ça s’arrête. » Et qu’est-ce que je fais moi, maintenant !?! Parce qu’elle va revenir cette dame ! Tu crois que j’ai que ça à foutre MOI !?! Conseiller les gens ! M’en fous ! Je te préviens, je lui vend Elliot la prochaine fois, ça te fera les pieds !


   Tu dois être la seule personne que je connaisse qui soit capable de me coller une oeuvre d’art du Corbusier, un trans (et pourquoi pas des gens de couleur tant qu’on y est !), des fées, des robots, des dimensions parallèles, de la thérianthropie (ça fait tout de suite plus intelligent que de dire des gens avec des têtes d’animaux), le mistral, une intelligence artificielle, de la musique, une gorgone, de la poésie, l’Histoire avec un grand H dans une histoire avec le petit, tout ça dans un ensemble cohérent et qui tient la route ! Un jour ma mère m’a dit : « t’inquiètes pas ma chérie, s’ils sont revenus pour E.T, ils reviendront pour toi aussi ». Mais c’est parce qu’elle te connaissait pas encore !!! 


   Mais si encore tu t’arrêtais là, je pourrais te pardonner. Mais non !!! En plus, t’as un style, une empreinte. T’es addictif David et, ça, c’est grave !!! Quand je lis un passage comme ça alors que je ne suis qu’à la page 14/15 (attention que personne ne lise derrière ton épaule ! Je ne voudrais pas donner envie à quelqu’un de te lire, y a déjà assez de victimes comme ça) :

« Plus profondément , en Colline, il y a la curiosité de tout savoir. Il y a plus de trente ans d’érosion, un estomac en vrac, l’habitude d’une existence pauvre, passée sur la route, acharnée à explorer l’absence des lieux déserts. Il y a l’absence, le déracinement, une solitude. Il y a la tristesse d’un renoncement. L’angoisse de ne jamais vraiment être tout à fait ce qu’on désire être. Il n’y a pas de courage. Simplement : l’insécurité d’un corps qui ne dit pas son nom, un monde qui n’ose pas se dévoiler. C’est la fin de tout, lovée autour de l’espoir d’un ailleurs.

C’est mensonge. »

Tu t’attends à ce qui se passe quoi après ça ? Qu’on s’arrête de lire !?!


   Comment veux-tu qu’on s’en sorte ? Tu crois que j’ai que ça à foutre, MOI !?! Lire pour le plaisir !?! Tu ne peux pas lâcher dans la nature des livres originaux, envoûtants ET bien écrits. C’est comme si moi j’avais choisi drôle, intelligente ET belle ! Tout le monde sait que j’ai choisi belle. Alors, choisis ton camp BORDEL !! Si tu persistes, je te préviens…fais gaffe ! Je t’inscris à un stage d’écriture avec Marc Lévy.


   Le cinéma ne peut pas avoir David Lynch et la littérature, David Calvo. Même si à chacun son David et les écureuils, lamas, pingouins, macareux et reste de la ménagerie seront bien gardés, trop c’est trop ! Pour le bien être de l’humanité, je t’implore de faire un effort. Arrête de vouloir aller vers le haut, vers le mieux, vers le beau. Parce qu’à force de vouloir élever le niveau, tu pourrais donner envie aux gens de réfléchir, de se servir de leur cerveau autrement que comme une éponge à conneries…pour appréhender ce qui les entoure avec un regard curieux par exemple ! Et la curiosité, c’est un vilain défaut pour qui mal y pense ! Tu le vois le danger, là !?!


   Alors pour conclure, je te dirais bien à bon entendeur, cordialement bisous comme dirait certaine personne de ma connaissance, mais en plus, pour me résumer et bien enfoncer le clou dans le dos de la main morte, je vais te trouver 42 bonnes mauvaises raisons de ne pas lire ton livre. Si avec ça, on est pas tranquille, j’envoie mon CV chez Harlequin.


1 C’est un livre de La Volte, ça devrait suffire à vous dire


et donc à vous méfier.

2 C’est différent et comme chacun sait, la différence, c’est dangereux parce que c’est pas pareil.

3 C’est bien écrit mais pas dans le genre chiant, juste le genre bien écrit.

4 C’est intelligent mais pas dans le genre chiant, juste le genre



5 Ça rend fou. La preuve…

6 C’est l’expression d’une certaine forme de poésie littérairement et littéralement venue d’ailleurs.

7 C’est l’expression d’une certaine forme de poésie.

8 C’est l’expression d’une certaine forme.

9 C’est l’expression.

10 Ça parle d’art et moi j’ai jamais compris pourquoi le carré, il voulait pas entrer dans le rond…le salaud !

11 Le personnage principal est un trans et je crois même qu’il y a une personne d’origine étrangère à notre peau blanche, dis donc !

12 On voit 42 à un moment.

13 Y a des fées… toutes des ssssssssalopes sauf maman.

14 Y a des vieux.

15 Y a des gosses.

16 Y a un lama qui bouffe quelqu’un…peut-être un gosse, allez savoir avec ces gens-là.

17 Y a du sexe… un peu… pas assez.

18 Y a une playlist mélangeant Blondie, David Bowie et Sacha Distel…vous le voyez le problème là !?!  

19 La couverture, c’est une peinture réalisée par ma nièce, 4 ans mais elle est trèèèèèèès en avance pour son âge.

20 Y a des gros mots… un peu… pas assez.

21 Certains personnages ont des noms débiles… certains personnages SONT débiles… putain, comme dans la vraie vie !

22 Y a des mots grecs, et on sait bien ce qui s’y passe chez les grecs !

23 A croire mon double, je cite : « Si on va par là, on peut aller partout, et revenir nulle part, ou alors traverser ici et là pour repartir là bas. »

24 C’est le même auteur qu’Elliot du Néant au cas où vous auriez pas remarqué !!

25 Y a des phrases, on comprend pas ce que ça veut dire ! Mais qui êtes-vous?

26 Y a des phrases…

27 … donc y a pas d’images même si les phrases sont des images en mots.

28 Vous voyez bien que ça rend fou !

29 La vérité vient bien d’ailleurs la vérité vient.

30 Y a des onomatopées « Grmpf ».

31 C’est envoûtant, ça vous colle au cerveau.

32 Le numéro que vous avez demandé n’est plus attribué.

33 Votre troisième oeil va s’ouvrir.

34 Y a de l’origami.

35 J’y vais mais j’ai peur!

36 Quand vous aurez fini de lire cette liste de raisons, vous ne saurez même plus pourquoi vous avez commencé à la lire.

37 C’est un livre magique : si vous le jetez en l’air, il ne s’envole pas.

38 C’est un auteur magique : si vous le lisez sur terre, vous croirez avoir été jeté en l’air.

39 Vous avez pas des choses plus intéressantes à faire que vous taper ces 42 raisons débiles?

40 On apprend plein de trucs… aïeu !!!! ça fait mal !

41 Vous n’auriez jamais dû arriver jusqu’ici après la raison n°1.


42 C’est un livre de La Volte et n’oubliez pas, achetez La Volte, La Volte vous le rendra, La Volte vaincra !


CITRIQ

2 juil. 2014

Je les veux, je les veux, je les veux, elles sont trop géniââââââââles

  +

   Comme chacun sait (et je ne doute pas que le mÔnde entier le sache!), cette année La Volte a 10 ans. Puisque La Volte a 10 ans, La Horde du Contrevent a 10 ans elle aussi!! Pas besoin de vous rappeler ce qu’est La Horde du Contrevent? Souvenez-vous, des gens, du vent, une écriture et de la musique, bref, un chef d’oeuvre.


   Pour l’occasion, La Volte a refait la couverture dudit chef d’oeuvre tout en baissant le prix (maintenant à 25 euros, le CD d’Arno Alyvan toujours inclus bien sûr!). Et comme dirait l’autre, c’est pas fini! Pourquoi s’arrêter là quand on peut aussi refaire la couv’ de La Zone du Dehors (premier roman de Alain Damasio qu’il faut absolument lire aussi, votre vie n’en sera que meilleure). Ainsi nous voilà avec trois livres de Alain Damasio harmonisés, c’est pas beau ça!

           


Résumons-nous : 

La Horde du Contrevent, chef d’oeuvre qui vous en apprendra plus sur le sens de votre vie, donc impossible de vivre sans

La Zone du Dehors, excellent roman de SF hommage à 1984 qui vous rappellera l’importance de votre esprit critique, donc impossible de vivre sans

Aucun souvenir assez solide, recueil de nouvelles illustrant l’étendue du potentiel talentueusement génial de Alain Damasio, donc… bon d’accord, vous pouvez peut-être réussir à vivre sans mais sérieusement, vous le regretterez.


   Alors, qu’est-ce qu’on dit?

Achetez La Volte, toujours La Volte vous le rendra!

29 mai 2014

SupraNoon

      

   Elliot, jeune bassiste n’ayant pas pris musiques de chambre en option, se voit proposer de rejoindre un groupe quelque peu underground. Si au début, seule la jolie chanteuse lui semble être une bonne raison d’accepter, leur possession en exclusivité d’une nouvelle technologie permettant de transformer la musique sous forme liquide finit de le convaincre. Commence alors une cohabitation avec la DJ accro aux drogues, le batteur super cool, trop cool pour être bien dans sa peau, et petit ami en titre de la toujours aussi jolie chanteuse. Leurs recherches sur le potentiel de la musique liquide, petite sphère qui offre tout un éventail de possibilités, les amèneront bientôt là où inexorablement, ils devaient aller.


« si la musique était une drogue elle vous emporterait où? »
      

   Comme chacun sait, Jeff Noon fait partie de ces petits génies de la littérature, genre touche à tout mais surtout genre une idée à la minute (oui on les détesterait presque si on ne les aimait pas autant). Ainsi, chaque fois que je vois un nouveau Noon se profiler à l’horizon (en français bien sûr parce que mon niveau d’anglais ne me permettrait pas de comprendre toutes les subtilités de l’écriture de Noon VO; d’ailleurs c’est encore une fois l’occasion de saluer le travail de traduction de Marie Surgers, on ne le fera jamais assez)… chaque fois donc que je vois arriver un nouveau Noon, je trépigne d’impatience à l’idée d’être de nouveau bluffée par les trouvailles de ce monsieur, par ses histoires et par son écriture.
    

  Avec intrabasses, l’idée est là, évidemment, et pour le reste… et bien pour une fois, c’est relativement soft pour du Noon. On en viendrait presque à se demander mais où sont passés les trips hallucinatoires, spécialités du chef? Bon je vous rassure il y en a un petit peu quand même. Faut dire qu’avec une idée pareil, la musique sous forme liquide, ça aurait été con de passer totalement à côté. Et oui, forcément, la musique en liquide ça fait penser à des choses : qu’est-ce qui se passe si on remue la sphère? Et si on l’inhale sous forme de vapeur? Et oui, si on la boit? Et si … on se l’injecte?
    

   Toutefois, j’ai regretté que Noon sous-exploite son idée de départ car il nous avait donné à voir sa capacité à créer des mondes entiers (des mondes à tiroirs même, avec des histoires à tiroirs aussi!) à partir d’une petite idée. Et cette fois-ci, il s’arrête au premier stade de son développement ce qui je le reconnais est déjà pas mal (remonter aux sources de la création d’un morceaux en s’injectant sa forme liquide). C’est sans doute moi qui devient exigeante.
  

   intrabasses reste un bon roman assez court et assez calme (enfin pour du Noon j’entends)  autour de nos dépendances à nos passions, en l’occurrence à la musique. Son ambiance et ses références à la culture rock, punk et autres délicats fonds sonores, sont assez importants et dominent vraiment l’ambiance générale du roman, suffisamment  pour, non pas perdre mais maintenir une certaine distance avec un lecteur qui ne serait pas passionné, ou au moins très intéressé, plus que cela par ce milieu (comme moi). D'ailleurs, pour les esprits aventureux aux facultés auditives à toutes épreuves, le livre est accompagné de sa bande son à laquelle Jeff Noon a participé. Toutefois, il serait réducteur de dire que intrabasses n’est qu’un roman sur la musique et son effet adoucissant sur les moeurs. C’est aussi un roman sur l’hérédité et ce constant besoin que l’on a de savoir d’où l’on vient pour comprendre où l’on va.
 

   Mon appréciation de intrabasses peut paraître quelque peu mitigée. Que nenni. Certes je l’ai sans aucun doute moins adoré que les autres, sur mon échelle personnelle de Noon (il y a les «Ouah-pfff-….c’est…-faut-inventer-de-nouveaux-mots-parce-que-j’en-ai-plus », il y a les « Noon-il-est-pas-comme-nous-il-vient-d’une-autre-planète-j’veux-aller-vivre-sur-cette-planète!!!! » et puis il y a les «c’est-du-bon-mangez-en »). intrabasses est dans la catégorie « c’est-du-bon-mangez-en ».


   En fait soyons clairs, Noon est le prochain stade de l’évolution. Il y est juste arrivé avant nous. Et vous pouvez commencer par intrabasses pour vous rendre compte de l’étendue de son avance.
 

   Et La Volte dans tout ça? (Vous pensiez y échapper peut-être?) Mais La Volte, ma brave dame/mon brave monsieur rayez la mention inutile, c’est un vaccin contre la connerie, suivez la prescription du docteur : achetez La Volte, le monde n’en sera que meilleur. 

CITRIQ

7 avr. 2014

Ç'est sûrement l'album de la maturité.

  2014 sera une année voltée et c'est pas de ma faute! Eh oui, ça y est, les éditions La Volte viennent d'atteindre l'âge honorable de ... 10 ans!


  Pour l'occasion, l'association grenobloise des Rêv'ailleurs organise une exposition autour du monde des livres de La Volte.




  Comme je ne doute pas une seule seconde que vous savez lire tous seuls une affiche et que vous savez également tous seuls ou aidés d'un(e) ami(e) cliquer ICI pour d'autres informations que vous pourrez continuer de lire seuls ou accompagnés, je ne vous ferai pas l'affront de vous faire remarquer au risque de répéter que l'inauguration aura lieu le vendredi 18 avril en présence de Messieurs Damasio et Barbéri ainsi que Monsieur E. (oui souvenez-vous celui-là même qui a créé La Volte).


  Eh! Vous avez remarqué?! Il y aura une inauguration le vendredi 18 avril à partir de 18h aux 7 Royaumes avec Alain Damasio, Jacques Barbéri et Monsieur E.! Et si vous avez bien regardé, juste avant, vers 15h, il y aura une table ronde pour les plus curieux (et non je ne vous ferai pas non plus l'affront de vous expliquer que la table ne sera pas forcément ronde).


  Et c'est pas tout! Alain Damasio et Jacques Barbéri viendront aussi écrire dans vos livres pour vous les rendre après, votre petit nom et des phrases qui voudront dire des choses. Ce sera le samedi 19 avril à la librairie O'Merveilles, ICI. Si vous voulez, vous pouvez même faire d'autres clics ICI et ICI.


  Alors ils sont pas forts ces grenoblois?





  Avec tout ça, je vous sers comme d'hab', un petit "Achetez La Volte, La Volte vous le rendra!", ça peut pas faire de mal.

3 févr. 2014

L’alcool, non, mais Jacques Barbéri, oui!

*

Première porte :

 Si vous êtes jeune, médecin légiste et que votre frère jumeau a fait la démonstration par le tranchoir sur vos parents adoptifs que l’être humain se découpe aussi bien que le rosbif, vous pouvez dire banco à la catégorie alcoolique. Du coup, forcément, si des hallucinations surgissent, vous transportant en des lieux improbables où les animaux parlent et où les araignées veulent vous bouffer, vous pensez naturellement que alcool et hallucination sont de vieilles amies. Et bien, non! Enfin, non pas obligatoirement! Soyez tranquillisé, soyez un alcoolo serein car vous êtes Anjel, héros du Crépuscules des Chimères, et vous êtes un seigneur des portes (AHAH!) ; les hallucinations n’en sont pas, en fait, et les mecs-créatures-autres-engins-de-toutes-sortes souhaitant vous bouffer veulent eux, par contre, effectivement vous bouffer.



Deuxième porte :

 Quand vous ignorez clairement vos origines que votre mère alcoolique et dépressive mais néanmoins canon a toujours refusé de vous révéler, quand vous débarquez pour rencontrer enfin votre grand-mère dont on vous précise qu’elle vous prend pour un démon et envisage une correction définitive de votre acte de naissance, quand vous vous mettez à avoir des hallucinations mettant en scène un barman androgyne mais moustachu et des créatures lovecraftiennes, et quand pour couronner cette journée chargée, vous vous retrouvez dans un universicule avec une danseuse de la fin des temps et un mini dieu à tronche de lémurien fumant le cigare, jouant au poker et vous lâchant comme un tentacule dans le cheesecake que vous êtes un kassakaappimies ; forcément, à un moment :

 1 vous leur rappelez que jusqu’à présent vous avez été poli et qu’il faudrait voir à ne pas abuser car :

 2 vous avez une forte envie de leur en coller une, histoire de rappeler qui commande (même si ce n’est pas vous)

 3 vous vous dites que vous auriez dû noter cette marque de thé car il est beaucoup plus fort que ce qu’on vous en a dit

 4 tout ça, mais en même temps, le tout bien arrosé de Jack Daniels car vous êtes Jack, héros de Cosmos Factory et les plumes vous poussent mais je ne vous dirai pas où.


  Si tout ce que je viens de vous dire vous passe largement au dessus (ou en dessous), que la seule réponse qui vous vienne soit : « oui bien entendu mais faudra leur dire que je serai absent à la prochaine réunion », alors passez votre chemin, courez, virevoltez dans les champs fleuris et n’allez pas encombrer d’avantage un cerveau déjà visiblement bien malmené.


  Si au contraire, les mots « démons », « Lovecraft », « universicule », « kassakaappimies », et « seigneur des portes », vous titillent joyeusement la glande du bonheur, alors jetez-vous sur Cosmos Factory, nouveau roman de Jacques Barbéri, et par la même occasion, comme vous y serez, jetez vous aussi sur Le Crépuscules des Chimères, plus vieux roman de Jacques Barbéri car :

 1 c’est un diptyque! L’un complète l’autre et l’autre complète l’un, l’un dans l’autre lisez les deux.

 2 les éditions La Volte (j’ai déjà dû vous parler d’elles…non?) ont eu la bonne idée (oui! encore une bonne idée!) de rééditer Le Crépuscule des Chimères avec une couverture qui fait miroir avec Cosmos Factory, le tout signé Stéphane Perger, hiiiiiiihiiiihhiiiii, c’est trop beau!


  Le diptyque de la structure fait appel à un univers d’univers, les uns imbriqués dans les autres, reliés entre eux par des portes, avec du vide entre, vide peuplé de mouches amatrices de tranquillité genre néant ; mouches qui détestent les araignées (ouais, d’accord ça c’est normal) qui elles vivent sur la peau des univers et préfèrent quand ça se tire dans les pattes. Dans tout ça, vous rajoutez des dieux plus ou moins sympa (qui ont créé les univers), des seigneurs de guerre, des seigneurs des portes, des forceurs de portes, des humains plus ou moins doués, plus ou moins bouffés, plus ou moins alcoolisés, un peu de sexe, encore un peu d’alcool (faut bien pour supporter tout ça) et des courses poursuites, parce que ce qui fait vraiment le point commun de nos deux héros ou plutôt les deux points communs, c’est :

 1 d’apprendre qu’ils sont des fils de dieux ; on ne les avait pas prévenus, et en plus, on attend d’eux qu’ils sachent se servir de leur pouvoir (ouvrir des portes pour Anjel, forcer des portes pour Jack) (le premier qui demande pourquoi ils n’utilisent pas la poignée, je le force à lire tout Guillaume Musso en breton chanté!)

 2 d’être systématiquement poursuivi par des fous furieux et des bestioles en tout genre dont la seule ambition de leur cerveau monocellullaire est de les bouffer.


  Et oui! Lire Jacques Barbéri, c’est un peu comme ouvrir ses chakras, découvrir son troisième oeil, ou plus simplement comme une soirée bien arrosée, la gueule de bois en moins. Toutefois, le diptyque de la structure est sans doute la partie de l’oeuvre de Barbéri la plus accessible pour les débutants barbériens éventuels, plus facile que la trilogie Narcose car moins chargée en tout ce qui fait la marque Barbéri : personnages physiquement étranges, hallucinations complètement hallucinées pré ou post alcoolisation, univers imbriqués, confusion rêve/réalité (thématiques qui ne sont pas sans rappeler l’univers Philip. K. Dick). Le Crépuscule des Chimères et Cosmos Factory sont également très visuels ce qui permet une assimilation très rapide de ces mondes étranges et une mise en image propre assez évidente. La structure de leur histoire suit également une ligne scénaristique simple, efficace et sans trop de tergiversations. On rentre dedans et si on accroche ce monde, on ne le lâche plus.


  Cosmos Factory dans ses premières pages pose d’emblée l’information que ce roman fait appel à des références lovecraftiennes. C’est sans doute pour cela que c’est mon préféré des deux. Mais que cela ne vous rebute pas. Nul besoin de connaître l’oeuvre de Lovecraft sur le bout des doigts (ce n’est pas mon cas d’ailleurs) pour profiter de celle de Jacques Barbéri. Les principales références, tout le monde les connaît plus ou moins (les bêtes à bec et à tentacules, les anciens dieux, le necronomicon).


  Le Crépuscule et Cosmos se lisent indépendamment, dans l’ordre que vous souhaitez, même si je vous conseille l’ordre chronologique, Le Crépuscule et ensuite Cosmos, pour pouvoir profiter du retour d’Anjel dans Cosmos Factory. Mais vous pouvez parfaitement faire l’inverse, pour me contrarier (m’en fous même pas mal!) ou pour comprendre d’où vient ce personnage intrigant.


  Vous l’aurez compris, le Barbéri, on l’aime ou on le regarde de loin car on a un peu peur que ça vous bouffe le bras, ou le cortex cérébral. Mon cortex cérébral étant déjà bien arrangé, j’ai choisi mon camp.



  Et n’oubliez jamais, en d’autres termes souvenez-vous toujours, La Volte est là, La Volte vaincra, achetez La Volte, La Volte vous le rendra!


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