Seulement dans des livres, comme vous dites. Seulement! Les livres ne peuvent jamais être seulement ; ils peuvent seulement être toujours.
Jeff Noon

2 juil. 2014

Je les veux, je les veux, je les veux, elles sont trop géniââââââââles

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   Comme chacun sait (et je ne doute pas que le mÔnde entier le sache!), cette année La Volte a 10 ans. Puisque La Volte a 10 ans, La Horde du Contrevent a 10 ans elle aussi!! Pas besoin de vous rappeler ce qu’est La Horde du Contrevent? Souvenez-vous, des gens, du vent, une écriture et de la musique, bref, un chef d’oeuvre.


   Pour l’occasion, La Volte a refait la couverture dudit chef d’oeuvre tout en baissant le prix (maintenant à 25 euros, le CD d’Arno Alyvan toujours inclus bien sûr!). Et comme dirait l’autre, c’est pas fini! Pourquoi s’arrêter là quand on peut aussi refaire la couv’ de La Zone du Dehors (premier roman de Alain Damasio qu’il faut absolument lire aussi, votre vie n’en sera que meilleure). Ainsi nous voilà avec trois livres de Alain Damasio harmonisés, c’est pas beau ça!

           


Résumons-nous : 

La Horde du Contrevent, chef d’oeuvre qui vous en apprendra plus sur le sens de votre vie, donc impossible de vivre sans

La Zone du Dehors, excellent roman de SF hommage à 1984 qui vous rappellera l’importance de votre esprit critique, donc impossible de vivre sans

Aucun souvenir assez solide, recueil de nouvelles illustrant l’étendue du potentiel talentueusement génial de Alain Damasio, donc… bon d’accord, vous pouvez peut-être réussir à vivre sans mais sérieusement, vous le regretterez.


   Alors, qu’est-ce qu’on dit?

Achetez La Volte, toujours La Volte vous le rendra!

30 juin 2014

Electre m'a tuer.



   New York, post évènement mystérieux dont on sait peu (puisque mystérieux) si ce n’est qu’il a eu lieu un 14 février (et toc!) et qu’il a eu pour effet de diviser la population par 10. Dewey Decimal vit dans la bibliothèque municipale, a des trous de mémoire concernant son passé et arpente les rues de New York à sa manière, en respectant son système (toujours tourner à gauche, prendre le métro en fonction du chiffre ou de la lettre et suivant si c’est le matin ou l’après midi). Son temps libre, il le consacre à ranger la bibliothèque, son temps occupé est dédié à son activité de tueur professionnel pour le compte du procureur. C’est une mécanique bien huilée… jusqu’au contrat qui viendra, évidemment, mettre le petit grain de sable dans l’engrenage.


   Comme ça a priori, Système D a tout du roman noir classique à l’intrigue bien sûr déjà vue. Le mec pro qui se voit confier un boulot qu’il a déjà exécuté des centaines de fois sans problème et il n’y a aucune raison pour que cette fois-ci soit différente, sauf que SI! Ha! Ha! Cette fois, y a un problème, et tu vas faire quoi maintenant mon gars? Système D n’a pas que l’air de ce genre de roman, C’EST ce genre de roman. Alors pourquoi en parler? Et bien, ce n’est pas parce qu’on a déjà mangé nombre de fois un certain plat qu’on n’aime pas en remanger à l’occasion surtout quand il est bien cuisiné. Et Système D est plutôt bien préparé.


   Déjà, son ambiance : un New York quasi désert puisque la démographie a subit un sérieux régime amincissant et dans une ville comme New York, on n’a pas de mal à imaginer ce que ça peut rendre comme effet : laissée à l’abandon dans certains quartiers, réappropriée dans d’autres comme Central Park réquisitionné par les freaks.


   Mais au-delà de ce décor plutôt réussi, il y a un personnage qui (comme dans The Rook de Daniel O’Malley, voir dans l’épisode précédent) porte un peu le roman à lui tout seul. Dewey Decimal, rien que son nom ressemble à une vaste blague mais le bonhomme lui non. Et ce malgré ses tocs (toujours se désinfecter les mains, vérifier qu’une certaine clef est dans sa poche, toujours tourner à gauche), ses trous de mémoire, ses prises de médocs et son étonnante capacité à se foutre dans la merde. Dewey passe en effet de mauvais choix en mauvaises rencontres, de faux amis en vrais ennemis, bref d’emmerdes en embrouilles si bien qu’on finit par ne plus savoir s’il joue toujours dans la bonne équipe. On se rend rapidement compte aussi que ce n’est pas, justement, le genre de mec qu’il faut chercher à embrouiller. Il n’aime pas ça, Dewey, qu’on l’embrouille et pour débrouiller le tout, il n’hésite pas à sortir ses flingues pour aérer quelques cerveaux, même s’il n’est pas dénué de certains états-d’âmes.



   Raconté par Dewey en personne, Système D est un pur roman noir urbain au rythme soutenu, à la construction redoutablement efficace, avec juste ce qu’il faut (un soupçon) d’immoralité, une ambiance étrange et un personnage atypique comme on les aime. Si vous cherchez un roman sans prise de tête et sans prétention, épanouissez vous, lisez Système D.

CITRIQ

19 juin 2014

The Tour is out there.



   Par une superbe nuit d’orage, dans un parc londonien, Myfanwy Thomas, en plus d’avoir un prénom comptant triple au scrabble, reprend conscience sous une pluie battante. Autour d’elle, les corps sans vie de mystérieux individus. Dans sa tête, le vide absolu à la place de sa mémoire. Et dans ses poches, une lettre adressée à « Toi ». Elle y apprend qu’elle fait partie d’une organisation secrète (la Checquy)(...non, aucun lien, fils unique) ayant pour but de défendre la Grande Bretagne et de trouver des êtres dotés de pouvoirs quelque peu surnaturels (comme elle), qu’un traître au sein de cette organisation est responsable de sa vidange mémorielle et que son ancienne « elle » sachant l’inexorabilité de cet évènement mais ignorant l’identité dudit traître, lui a préparé le terrain. Voilà Myfanwy devant un choix : disparaître pour refaire sa vie très loin ou reprendre son rôle au sein de la Checquy, trouver le traître, faire la compta, déjouer un complot, sauver la nation et peut-être, si elle a le temps, boire un café.



   Imaginez que Harry Potter ait une soeur qui, après avoir fini la fac, soit recrutée par le MI5, fasse ses classes avec Fox Mulder et surtout, qu’elle ait hérité de l’humour de Buffy contre les vampires... 

« Tour Thomas, ce Serviteur parle au téléphone en nous regardant. » Myfanwy hocha la tête. « Vous voulez qu’on le tue? » Elle dévisagea la garde du corps. « Je prends ça pour un non. »

...alors vous aurez une petite idée de ce que peut être l’ambiance de The Rook de Daniel O’Malley : un concentré de vitamine dans un scenario habilement construit pour ne laisser aucun temps mort, une ambiance surnaturelle juste ce qu’il faut pour ne pas complètement effrayer les amateurs de « ouais mais ça existe pas…en vrai » et donc cet humour décalé, comme je les aime. 


   Le personnage principal, Myfanwy (prénom gallois et pour ceux qui veulent dormir moins bête ou moins triste, tapez Myfanwy sur un moteur de recherche, on trouve des choses intéressantes!), est absolument géniale, tellement attachante qu’on a juste une envie : être elle (ouais même si vous êtes un homme vous aurez envie d’être elle, faites gaffe) ou au pire qu’elle devienne notre meilleure copine (ouais même si vous êtes un homme vous aurez envie d’être sa meilleure copine, faites gaffe). Pourtant c’était pas gagné. Sachant le livre écrit par un homme (et on sait que beaucoup d’écrivains hommes ratent leurs personnages féminins) j’ai craint le bon gros cliché. Daniel O’Malley évite le pire qui aurait consisté à faire de son héroïne une bombasse au charisme et aux talents LaraCroftiens. Au contraire, il en fait justement une petite femme ordinaire (en dehors de ses capacités surnaturelles qu’elle maîtrise très mal d’ailleurs), ni belle ni moche, avec un sens de la répartie top niveau …

« -C’est l’heure de votre dîner avec Lady Farrier.
-Ah! merde, soupira-t-elle avant de remarquer l’expression choquée de Clovis. Je veux dire, ah! très bien, ça va être exquis. »

…et qui va apprendre à s’imposer en marchant sur quelques pieds au passage (et quelques tentacules aussi par la même occasion. C'est vrai, que serait un roman fantastique sans une belle paire de tentacules?)


   Les clichés, l’auteur va joyeusement jouer avec à travers ses personnages secondaires : l’assistante très Moneypenny doublée de Miss Pennywinkle, la lady très british coincée à souhait, un méchant complètement frappé du bulbe, des gros bras très « gros bras », il y a même un dragon et un vampire qui passent rapidement faire coucou.


   Mais ce qui fait que ce roman fonctionne si bien, c’est vraiment cet humour constant qui évite cependant l’écueil de ralentir le récit en laissant le déroulé de l’histoire sur le bord de la route. Au contraire, ici, l’humour rythme le récit arrivant toujours à point nommé et donne en plus de superbes répliques. 

« Je viens d’être informée que les Américains arrivaient.
-Tous ensemble? »


   On ne s’ennuie pas un seul instant dans The Rook. Même si Daniel O’Malley fait du facile, son monde est bien construit, développé et cohérent, son histoire bien ficelée et il évite tous les pièges du trop facile avec dextérité. Mais surtout (et c’est ce qui m’a fait penser à Buffy contre les vampires), il ne se prend jamais au sérieux. C’est ce qui rend The Rook si génial. Une suite serait en préparation. En ce qui me concerne, je l’attends avec une impatience grandissante.


The Rook se révèle donc être non seulement une lecture divertissante mais en plus, il vous file la pêche! Ça ne prétend pas à autre chose, alors, que demander de plus?

« Tour Thomas, vous avez quelque chose de changé.
-Eh bien, je me suis fait péter la gueule il y a peu.
-Ah! ça doit être ça. »


P.S : oui je sais, mes titres de post sont de pire en pire mais que cela vous rassure, ça ne va pas aller en s’arrangeant.




CITRIQ

29 mai 2014

SupraNoon

      

   Elliot, jeune bassiste n’ayant pas pris musiques de chambre en option, se voit proposer de rejoindre un groupe quelque peu underground. Si au début, seule la jolie chanteuse lui semble être une bonne raison d’accepter, leur possession en exclusivité d’une nouvelle technologie permettant de transformer la musique sous forme liquide finit de le convaincre. Commence alors une cohabitation avec la DJ accro aux drogues, le batteur super cool, trop cool pour être bien dans sa peau, et petit ami en titre de la toujours aussi jolie chanteuse. Leurs recherches sur le potentiel de la musique liquide, petite sphère qui offre tout un éventail de possibilités, les amèneront bientôt là où inexorablement, ils devaient aller.


« si la musique était une drogue elle vous emporterait où? »
      

   Comme chacun sait, Jeff Noon fait partie de ces petits génies de la littérature, genre touche à tout mais surtout genre une idée à la minute (oui on les détesterait presque si on ne les aimait pas autant). Ainsi, chaque fois que je vois un nouveau Noon se profiler à l’horizon (en français bien sûr parce que mon niveau d’anglais ne me permettrait pas de comprendre toutes les subtilités de l’écriture de Noon VO; d’ailleurs c’est encore une fois l’occasion de saluer le travail de traduction de Marie Surgers, on ne le fera jamais assez)… chaque fois donc que je vois arriver un nouveau Noon, je trépigne d’impatience à l’idée d’être de nouveau bluffée par les trouvailles de ce monsieur, par ses histoires et par son écriture.
    

  Avec intrabasses, l’idée est là, évidemment, et pour le reste… et bien pour une fois, c’est relativement soft pour du Noon. On en viendrait presque à se demander mais où sont passés les trips hallucinatoires, spécialités du chef? Bon je vous rassure il y en a un petit peu quand même. Faut dire qu’avec une idée pareil, la musique sous forme liquide, ça aurait été con de passer totalement à côté. Et oui, forcément, la musique en liquide ça fait penser à des choses : qu’est-ce qui se passe si on remue la sphère? Et si on l’inhale sous forme de vapeur? Et oui, si on la boit? Et si … on se l’injecte?
    

   Toutefois, j’ai regretté que Noon sous-exploite son idée de départ car il nous avait donné à voir sa capacité à créer des mondes entiers (des mondes à tiroirs même, avec des histoires à tiroirs aussi!) à partir d’une petite idée. Et cette fois-ci, il s’arrête au premier stade de son développement ce qui je le reconnais est déjà pas mal (remonter aux sources de la création d’un morceaux en s’injectant sa forme liquide). C’est sans doute moi qui devient exigeante.
  

   intrabasses reste un bon roman assez court et assez calme (enfin pour du Noon j’entends)  autour de nos dépendances à nos passions, en l’occurrence à la musique. Son ambiance et ses références à la culture rock, punk et autres délicats fonds sonores, sont assez importants et dominent vraiment l’ambiance générale du roman, suffisamment  pour, non pas perdre mais maintenir une certaine distance avec un lecteur qui ne serait pas passionné, ou au moins très intéressé, plus que cela par ce milieu (comme moi). D'ailleurs, pour les esprits aventureux aux facultés auditives à toutes épreuves, le livre est accompagné de sa bande son à laquelle Jeff Noon a participé. Toutefois, il serait réducteur de dire que intrabasses n’est qu’un roman sur la musique et son effet adoucissant sur les moeurs. C’est aussi un roman sur l’hérédité et ce constant besoin que l’on a de savoir d’où l’on vient pour comprendre où l’on va.
 

   Mon appréciation de intrabasses peut paraître quelque peu mitigée. Que nenni. Certes je l’ai sans aucun doute moins adoré que les autres, sur mon échelle personnelle de Noon (il y a les «Ouah-pfff-….c’est…-faut-inventer-de-nouveaux-mots-parce-que-j’en-ai-plus », il y a les « Noon-il-est-pas-comme-nous-il-vient-d’une-autre-planète-j’veux-aller-vivre-sur-cette-planète!!!! » et puis il y a les «c’est-du-bon-mangez-en »). intrabasses est dans la catégorie « c’est-du-bon-mangez-en ».


   En fait soyons clairs, Noon est le prochain stade de l’évolution. Il y est juste arrivé avant nous. Et vous pouvez commencer par intrabasses pour vous rendre compte de l’étendue de son avance.
 

   Et La Volte dans tout ça? (Vous pensiez y échapper peut-être?) Mais La Volte, ma brave dame/mon brave monsieur rayez la mention inutile, c’est un vaccin contre la connerie, suivez la prescription du docteur : achetez La Volte, le monde n’en sera que meilleur. 

CITRIQ

15 mai 2014

Et pis c'est au Chili, ça tombe bien.



   Santiago, en plus d’être une ville, est un homme qui est un flic. Il aime plutôt ça, être flic. Ce qu’il n’aime pas en revanche, c’est avoir à tuer quelqu’un. Par contre, en plus d’être flic, ce qu’aime Santiago, l’homme, c’est suivre des femmes dans les rues de Santiago, la ville, comme ça, sous prétexte qu’il les trouve bien roulées, les femmes pas les rues. Ce qu’il n’aime pas en revanche, c’est que sa petite amie, qu’il aime et c’est lui qui le dit, apprenne qu’il suit d’autres femmes, voire plus si affinités. Ce qu’il va détester encore plus que tout le reste des choses qu’il n’aime pas, c’est que dans la même journée, il va tuer un gamin des gangs et se mettre à suivre une femme dans la rue, et ça, ça va quand même vraiment le foutre dans la merde cette histoire.


   Les Rues de Santiago c’est l’équivalent d’un café noir, bien serré, sans crème et surtout sans sucre, merci. Un petit polar urbain bien noir : petit parce 150 pages presque une novella, urbain parce que quasiment toutes les scènes d’accélération du récit se passent dans la rue.


   Les Rues de Santiago, c’est aussi un personnage principal pas tout à fait sympathique, pas tout à fait détestable non plus (quoique à certains moments…), et surtout pas tout à fait aussi clair et au dessus de tout soupçon qu’il aimerait l’être et nous le faire croire. Il se prend un peu pour un dur mais paraît parfois un peu con sur les bords, j’ignore si c’est voulu par l’auteur mais ça fonctionne. On a quand même envie de savoir comment il va se dépêtrer de tout ça voire s’il va s’en dépêtrer tout court. Pour entourer ce Santiago, il y a aussi des personnages secondaires, un peu glauques, un peu fouineurs, un peu fatal(e)s, et une intrigue basée sur la tromperie. Mais surtout, Les Rues de Santiago c’est une écriture sèche, cadencée, pleine d’un humour acide et grinçant, d’une efficacité redoutable pour ce genre de texte. Ce qui nous ferait presque regretter qu’il ne soit pas plus long… ou alors nous fera attendre avec impatience que l’auteur s’attaque à quelque chose de plus dense. Avec Grande Impatience. En attendant…


« "Votre nom est Santiago Quiñones?"
 On est mal partis, en plus d’être nain, il est débile, ce qui n’est jamais bon; il est toujours préférable d’être traqué par quelqu’un de futé. L’intelligence est prévisible, la stupidité te laisse désarmé parce que tu ne sais jamais ce qu’on peut te sortir. »



   Un petit plaisir donc, à ne surtout pas se refuser pour ceux qui apprécient le genre.



CITRIQ

6 mai 2014

Don’t worry, read Tuttle.



   Vous l’avez attendu à vous en faire claquer les neurones de la patience (si si, on vous a vu errant comme une âme en peine vêtu de votre tee-shirt préféré « She will be back… too»), et bien… … AYÉ!!!! Enfin, le Lisa Tuttle nouveau est arrivé et croyez-moi ou pas (enfin c’est pas la peine de venir ici si c’est pour pas me croire!), c’est pas un goût de framboise-banane qu’il a mais bien le goût du 100% AOC Tuttle, autrement dit le goût du fantastique, le goût de l’angoisse, le goût de l’onirisme, bref! en un mot comme en cent ou même en deux : Quel Talent!


   Et c’est bien évidemment les éditions Dystopia, qui avaient déjà jadis-y-a-peu-de-temps lancé la pierre dans la marre avec Ainsi Naissent les Fantômes, qui s’y recollent avec cette fois-ci aux commandes de la traduction et de la présentation Nathalie Serval (souvenez-vous dans le premier c’était Mélanie Fazi) pour 14 nouvelles à découvrir ou re-découvrir, mais en tout cas à lire, c’est un ordre.


   Pourquoi? me demanderez-vous. Et bien, première raison : parce que, ce qui en soit constitue toujours un argument de choc.

   Deuxième raison : Lisa Tuttle, ce qui en soit est également un argument de choc, doublement plus efficace que le précédent.

   Troisième raison : je suis persuadée que quoique vous en disiez vous n’avez rien de plus intéressant à faire et cherchez bien parce que il n’y a quand même que peu de choses qui puissent se révéler plus intéressantes que lire Lisa Tuttle, là tout de suite.

  Quatrième raison : parce que rien que l’objet livre donne envie de le toucher et donc, de le lire! Merci qui? Merci Stéphane Perger! 



   Cinquième raison : parce que Lisa Tuttle élève la nouvelle au rang d’art. Chaque nouvelle possède une architecture parfaite, invisible mais bien là, discrètement et élégamment masquée par une écriture au scalpel. Rien n’est en trop. Rien ne manque. Un équilibre idéal pour encore une fois se jouer de nos peurs et de nos frustrations, celles qu’on s’impose ou qui nous sont imposées. Lisa Tuttle les met en image, leur donne littéralement vie en les personnifiant.


   Ces 14 nouvelles reflètent les thèmes chers à Lisa Tuttle déjà apparus dans Ainsi Naissent les Fantômes : la femme et donc la féminité et le féminisme, la maternité, la création, l’enfermement, la peur de la mort.


   Les Chambres Inquiètes , c’est parfois du fantastique qui n’en a pas l’air comme dans Vol pour Byzance (particulièrement stressante, on se surprend à vouloir dire à l’héroïne « mais barre-toi de là!!) ou Une Amie en Détresse ; c’est parfois drôle de manière ubuesque comme dans En Pièces Détachées ou Propriété Commune ; c’est parfois poétique et triste comme Oiseaux de Lune ou L’Autre Chambre ; mais c’est toujours terrifiant parce qu’au-delà de l’aspect fantastique, Lisa Tuttle réveille toujours une peur primaire. Car, en entendant des bruits de raclement et de grignotement dans la maison le soir quand le calme s’impose, qui peut dire que ce n’est pas à Nid d’Insectes qu’il pense et à la possibilité de se faire bouffer? Qui a envie de redevenir cette fille banale menant une vie sans intérêt dans un bled paumé sans attrait, sans ambition, sans ami, sans rien qui puisse laisser une trace disant j’étais là? Qui, en regardant son enfant, n’a pas cette crainte de le voir disparaître? Qui n’a jamais rêvé (cauchemardé plutôt) se réveiller dans un endroit inconnu parmi des gens inconnus sans savoir et sans trouver comment rentrer chez soi?


   Et voilà! Besoin d’autres raisons pour vous jeter sauvagement sur Les Chambres Inquiètes (et sur Ainsi Naissent les Fantômes si ce n’est pas déjà fait)?

   Les Chambres Inquiètes c’est beau, c’est bon mangez-en! Achetez du Lisa Tuttle sinon… … vous le regretterez.




CITRIQ

7 avr. 2014

Ç'est sûrement l'album de la maturité.

  2014 sera une année voltée et c'est pas de ma faute! Eh oui, ça y est, les éditions La Volte viennent d'atteindre l'âge honorable de ... 10 ans!


  Pour l'occasion, l'association grenobloise des Rêv'ailleurs organise une exposition autour du monde des livres de La Volte.




  Comme je ne doute pas une seule seconde que vous savez lire tous seuls une affiche et que vous savez également tous seuls ou aidés d'un(e) ami(e) cliquer ICI pour d'autres informations que vous pourrez continuer de lire seuls ou accompagnés, je ne vous ferai pas l'affront de vous faire remarquer au risque de répéter que l'inauguration aura lieu le vendredi 18 avril en présence de Messieurs Damasio et Barbéri ainsi que Monsieur E. (oui souvenez-vous celui-là même qui a créé La Volte).


  Eh! Vous avez remarqué?! Il y aura une inauguration le vendredi 18 avril à partir de 18h aux 7 Royaumes avec Alain Damasio, Jacques Barbéri et Monsieur E.! Et si vous avez bien regardé, juste avant, vers 15h, il y aura une table ronde pour les plus curieux (et non je ne vous ferai pas non plus l'affront de vous expliquer que la table ne sera pas forcément ronde).


  Et c'est pas tout! Alain Damasio et Jacques Barbéri viendront aussi écrire dans vos livres pour vous les rendre après, votre petit nom et des phrases qui voudront dire des choses. Ce sera le samedi 19 avril à la librairie O'Merveilles, ICI. Si vous voulez, vous pouvez même faire d'autres clics ICI et ICI.


  Alors ils sont pas forts ces grenoblois?





  Avec tout ça, je vous sers comme d'hab', un petit "Achetez La Volte, La Volte vous le rendra!", ça peut pas faire de mal.