Seulement dans des livres, comme vous dites. Seulement! Les livres ne peuvent jamais être seulement ; ils peuvent seulement être toujours.
Jeff Noon

10 juil. 2011

Du haut de ces pyramides . . . . . . hum, qu'est-ce que je disais déjà?



Mémoire (Memories) de Mike McQuay fut publié en 1987 et eut pour tout moment de gloire une mention spéciale au Phiip K. Dick Award, la même année.


Pourquoi revenir sur un livre vieux de 24 ans, alors qu'il y a tellement de nouveautés, me direz–vous?


Parce que c'est l'histoire de David Wolf, psychiatre américain du XXe siècle et de Silv, chimiste du Quadri 14. C'est l'histoire d'une drogue dont l'effet non désiré fait remonter celui qui la prend le long de sa lignée humaine, visitant ancêtres et contrées lointaines par la pensée.


C'est l'histoire de Hersh, soldat conditionné au combat au sein du Quadri 14, qui après être devenu le cobaye de Silv, afin de tester cette nouvelle drogue "annihilatrice de violence" , se retrouve dans le corps de Napoléon Bonaparte.


C'est l'histoire d'une course poursuite dans les couloirs du transtemps; de David et Silv traquant Hersh/Napoléon, le psychotique, avant que l'irréparable ne soit commis.


De la Campagne d'Egypte à la traversée des Alpes; de l'Antiquité au futur post-cataclysmique, c'est l'histoire d'êtres aux prises avec l'Histoire et les méandres du temps.


Mike McQuay a pour moi eut le mérite de se poser et de nous poser les seules vraies questions importantes dans ce monde :


Qu'est–ce que la vie? Qu'est–ce que la mort? Pourquoi nous attirent–elles et nous fascinent–elles aussi bien qu'elles nous repoussent et nous font faire les actes les plus immondes comme les plus beaux?


Qu'est–ce que la réalité? Qu'est–ce que le temps? Qu'est–ce donc au final que la mémoire et vous l'aurez compris, que le sens de la vie?


En guise de réponse, ce livre nous parle de vie, de mort mais surtout il parle d'amour et de cet amour de la vie jusque dans la mort et au–delà...


3 juil. 2011

Tes paupières sont lourdes . . . . . . tes blagues aussi.

Un beau jour (ou était-ce une nuit? hum... me rappelle plus), Kiki43 qui est un grand poète caché derrière un grand timide (non, c’est pas des conneries, Kiki43 est grand), envoya ce message à ses amis pour lancer une discussion :

Kiki43 :
Voici l'un des morceaux le plus étrange et le plus "pur" que j'ai entendu.
Un morceau qui me bouleverse à chaque écoute.
J'espère qu'il vous plaira.

Sur ce, Coriolis44 qui est de taille proportionnellement inverse à celle de Kiki43 et qui n’est jamais  la dernière pour participer à ce genre d’échange répondit :

Coriolis44 :
En effet, c'est très pur, on dirait presque un mantra.. c'est troublant!
Merci pour la découverte!
Juste pour continuer la "discussion", voici une de mes versions de la poésie hypnotique.


Vous vous doutez bien que devant tant de lyrisme, mon coeur s’emballa et je me sentis dans l’obligation de jeter mon grain de sel pour faire déborder la mare :

Melicerte42 :
Permettez-moi de rebondir sur l’idée de pureté. Voici LE  son le plus pur qui puisse exister.

Oui, je crois que je suis prête. Demain, je réécris Les fleurs du mal.

26 juin 2011

Ya pas seulement que d’la pomme! Ya aut’e chose!

Tiens, je crois que cela fait longtemps que je ne vous ai pas parlé des éditions La Volte, non? Je sens que ça vous manquait. Allez, avouez... si, si, ça vous manquait. Alors, un petit Rouge Gueule de Bois de Léo Henry... pour la route.


Monsieur Fredric Brown a un léger problème. Il ne parvient plus à écrire. Ce qui peut être gênant lorsqu’on est écrivain, il faut le reconnaître. Alors, pour occuper son temps libre, il picole. Quand il ne picole pas, il joue aux échecs avec des amis. Et quand il ne joue pas aux échecs, il picole, seul ou avec des amis.

Un jour, il rencontre Roger Vadim.

Ainsi, après une conversation arrosée de quelques bières ou après quelques bières arrosées de bribes de conversation, Fredric a l’idée lumineuse d’organiser le crime parfait. Ce qui l’oblige à partir en vadrouille. Ça tombe bien. Il aime bien ça les vadrouilles. C’est toujours une bonne occasion de rencontrer des gens dans des bars ou de rencontrer des bars avec des gens dedans.

Jusqu’ici, tout va bien. En dehors de cette forte propension à nous glisser toutes les quatre lignes des liquides à base de jus sucrés fermentés, l’histoire se suit plutôt facilement.

Ça se complique quand on croise Barbarella descendue de son vaisseau spatial en rade en plein milieu d’une route désertique.

Ça se confirme lorsque, contrarié dans son plan, Fredric se voit rejeté sur les routes où il retrouve son nouveau pote Roger Vadim, lui-même à la recherche de sa femme poursuivie par un agent très spécial. Alors, ils se mettent à sa recherche ensemble, Fredric et Roger, pas l’agent très spécial, qui lui la cherche tout seul. 

Et à partir de là, c’est un peu les bacchanales! Ce qui avait commencé comme un polar alcoolisé se poursuit en road movie alcoolisé voire plus si affinités. Et affinités, il y en aura! Avec des adeptes du LSD, avec l’alcool, avec des cannibales, avec des cocktails, avec des fantômes, avec l’alcool, le tout dans une ambiance de fin du monde consommée.

Je suis sûre que vous avez déjà compris ce que je vais dire. Oui, encore un roman qui ne va pas plaire à tout le monde. C’est complètement barré, ça part dans tous les sens si bien que parfois, et c’est peut-être le défaut de ce genre de roman, on se demande où il veut nous emmener et même s’il n’y est pas déjà parti tout seul en nous oubliant derrière. Il existe donc un certain risque au décrochage complet. Risque potentiel certes, mais en échange il y a l’écriture de Léo Henry qui a une manière très agréable, fluide et drôle de raconter ... et bien, n’importe quoi!

Donc oui, personnellement, j’ai beaucoup aimé RGDB. C’est un roman typiquement AOC La Volte!

Et puis, RGDB possède un autre avantage, même si vous n’aimez pas! C’est un livre multi-usages grâce à cet index complètement génial fournissant de véritables recettes de cocktails et moultes informations très utiles pour votre culture générale telles que :
Déluge : intempérie mythologique à laquelle survécurent Noé, Manu et Utnapishtim.

Humpty Dumpty : «Rondu Pondu», homme-oeuf au destin précaire.

Et n’oubliez pas...
Achetez La Volte, La Volte vous le rendra!

P.S: Pour info, car je ne les ai pas encore lus (oui, je sais honte sur moi!), Léo Henry fait aussi des choses à plusieurs, plusieurs étant composé de deux et faire des choses s’entendant littérairement parlant, le reste ne nous regardant pas!
Ainsi, avec Jacques Mucchielli, il signe Yama Loka Terminus et Bara Yogoï, recueils de nouvelles autour de Yirminadingrad, destination idéale pour vos vacances d’été!
Toujours avec Jacques Mucchielli, une nouvelle parue dans le recueil de... ah! tiens, La Volte, Le Jardin Schizologique. Celle-là, je l’ai lue et je la trouve excellente. Veuillez lire attentivement l’intégralité de cette notice revisite les 10 commandements et on y retrouve ce goût prononcé pour les recettes et les liquides à base de jus sucrés fermentés.



31 mai 2011

Où l'on apprend l'utilité des moutons en temps de guerre.




Si vous aimez les polars, vous aimerez Gonzo Lubitsch.
Si vous aimez les romans d’aventures, vous aimerez Gonzo Lubitsch.
Si vous aimez les romans fantastiques, vous aimerez Gonzo Lubitsch.
Si vous avez de l’humour, vous aimerez Gonzo Lubitsch.
Si vous n’aimez rien ni personne et que vous vous interrogez sur la raison d’être de votre existence, vous aimerez Gonzo Lubitsch.
Résumons nous: achetez Gonzo Lubitsch, Gonzo Lubitsch vous le rendra.
Vous n’aurez besoin que de cinq minutes pour comprendre à quel point il est nécessaire de vivre... juste pour pouvoir lire Gonzo Lubitsch.


Forcément, vous vous demandez : « Mais qui est ce Gonzo Lubitsch? » (Si, si vous vous le demandez).

Dans un monde post apocalyptique, à la suite d’une guerre, (euh... oui encore), seule la canalisation Jorgmund permet à l’humanité de faire ce qu’elle fait de mieux... emmerder le monde?!... mais non! Survivre (...ou pas).

Et là c’est quand même pas de pot car la canalisation a pris feu. La bonne idée du jour est alors de faire appel à Gonzo Lubitsch et à son équipe pour sauver le monde. Et sur le chemin qui va les mener sur les lieux de l’incendie, quoi de mieux pour occuper le temps que de nous raconter une histoire, pas n’importe quelle histoire, celle de Gonzo. C’est son meilleur ami qui s’y colle et il va tout vous dire, tout ce que vous auriez toujours voulu savoir (ou pas) sur Gonzo (leur enfance, leur rencontre...) mais aussi sur ce monde et le pourquoi du comment en est-on arrivé là, et enfin la faute à qui et pourquoi la canalisation a pris feu?

C’est ainsi que vous croiserez la route d’un maître du kung-fu qui vous apprendra comment un Tupperware peut vous sauver la vie, des petits enfers personnels d’une grand-mère tel l’enfer du thé qui brûle ou l’enfer des sous-vêtements qui grattent, d’un militaire qui vous enseignera les rudiments du catch automobile, d’une bombe à effacer, du FOX (non Mulder n’a rien à voir la dedans... quoique...) et de quantité de choses encore.

Car Gonzo Lubitsch c’est un peu comme un meuble d’apothicaire, une histoire avec plein de tiroirs, où l’on passe du roman fantastique au polar puis au roman initiatique le tout sous la plume plus que talentueuse de Nick Harkaway, tellement talentueuse que le fait qu’il soit le fils de John Le Carré devient anecdotique. 

En effet, non seulement Nick Harkaway sait raconter une histoire et même plusieurs en même temps mais il possède surtout un don rarement maîtrisé en littérature : l’art de la digression. Ce qu’il pourrait vous dire en 4 lignes, Nick Harkaway vous le dit en 4 pages mais c’est tellement bon qu’on s’arrête pour en relire certains passages.

Alors oui encore un roman qui ne plaira pas à tout le monde. Certains laisseront tomber au bout de 100 pages.

Une seule chose avec laquelle je ne suis pas d’accord avec l’auteur, lorsqu’il dit : «J’ai voulu que ce livre ... vous tienne éveillé toute la nuit et vous oblige à téléphoner au bureau, le lendemain matin, pour vous faire porter pâle. Et cela, à la seule fin d’en achever la lecture. Bref, j’ai voulu, avec ce livre, vous dérober une journée de votre vie.»
Personnellement, j’ai mis 3 semaines à le lire, juste parce que je ne voulais pas que cela s’arrête.

P.S.1 :  ...euh... et si vous aimez Gonzo Lubitsch, achetez Gonzo Lubitsch!
P.S.2 : et les moutons dans tout ça? Rendez-vous page 233...

21 mai 2011

Ainsi "parlait" Alain Damasio

Découvert par hasard, l'électro planante de Rone mixée avec la voix de Alain Damasio :



Et pour ceux qui ne l'ont pas déjà vu, voici la bande annonce officielle de "La Horde Du Contrevent" :




Si vous voulez avoir un bref aperçu du livre du futur et du futur livre de Alain Damasio ("Les Furtifs"), n’hésitez pas à écouter son interview dans l'émission "Hypermonde" :



Salut, et encore merci pour le poisson.

14 mai 2011

Complètement inutile... donc parfaitement indispensable!

Il est là et il va changer votre vie.

Cessez votre quête désespérée du bonheur, oubliez John Gray et Christophe André, Platon et Nietzsche (rayez les mentions inutiles), abandonnez veaux, vaches, moutons, prime du 13e mois et tickets resto. Même Monica Bellucci ne fait pas le poids contre lui.
Un petit clic et votre vie ne sera plus jamais la même... car désormais vous pourrez parler le R2D2!!


Vous en avez rêvé... et bien c’est pas moi qui l’ai fait.

10 mai 2011

Et pourquoi tu t'appelles pas Simone comme tout le monde?


Avertissement : attention, ce qui suit est une version censurée de la Bible, du Coran, de la Torah, et de manière générale de tout ouvrage poussiéreux ayant causé, à un moment ou à un autre de l’Histoire, une guerre dans le monde.

Avertissement bis : découlant naturellement du premier avertissement ci-dessus, il est conseillé à toute personne ne possédant aucun sens de l’humour de passer son chemin.

A l’origine fut le Chaos.
Puis dieu, ou quelque soit son nom suivant l’orientation sexuelle... religieuse choisie... ... d’ailleurs, pour des raisons pratiques, nous allons l’appeler Mishé (God de son nom de famille mais on va l’appeler par son prénom, c’est plus intime)... donc reprenons...

A l’origine fut le Chaos.
Puis, Mishé, parce qu’il avait perdu un pari avec lui-même (pari foireux dès le départ, il faut bien le dire) dut travailler pendant 6 jours d’affilée. (Oui je sais, c’est horrible. Mais n’oubliez pas que les syndicats n’existaient pas encore à l’époque).


Le septième jour, Mishé se reposa... il se reposa... il se reposa... si bien que d’un coup, il se dit : j’m’emmerde un peu là. (Oui mais n’oubliez pas que la bière et la Wii n’existaient pas encore à l’époque). Alors, il créa Mr E.
Et Mr E. créa La Volte.
(Peu de temps après, Mishé créa la bière et il vit que cela était bon)

Non, mais je sais! Je suis un peu obligée de vous faire la version raccourcie, sinon, vous ne vous rendez pas compte!! Si je devais vous décrire tout ce qui peut passer dans la tête d’un homme comme Mr E., grand Mishé!!, mais on découvrirait certainement le secret des pyramides, mais où est passé l’Atlantide, pourquoi la zone 51 ne s’appelle pas zone 42, et surtout pourquoi, oui pourquoi?!!, orangina rouge est-il si méchant?

Alors, revenons à La Volte. Pour ceux qui n’auraient pas compris, La Volte est une maison d’édition. Si vous avez l’impression de toujours lire la même chose et que vous ne savez plus où chercher, choisissez La Volte!
Achetez La Volte, La Volte vous le rendra!
Et pour commencer, parlons de celui qui, après Mr E., est aux origines de La Volte : Alain Damasio.
En effet, un mythe urbain veut que ne trouvant pas d’éditeur pour son manuscrit, il alla trouver son pote Mr E. pour vider une bière et faire une partie de Wii (je sais, la Wii n’existait pas encore, un peu d’imagination que diable!!), et c’est à ce moment que Mr E. dit : « Tous des petits joueurs! Je vais le publier ton bouquin ».
Le bouquin en question, c’est bien sûr l’excellent, le sublime La Horde du Contrevent.












Mais qu’est-ce donc que La Horde du Contrevent? Un manuel sur la fabrication des soubassophones issue du commerce équitable au Burundi?... Paaas du tout.


La Horde du Contrevent, c’est ça:
Imaginez un monde balayé par les vents.
Imaginez une horde avec pour seule raison d'être la découverte de l'origine de ces vents, une horde formée pour les contrer et remonter vers l'extrême amont, lieu mythique que personne n'a jamais atteint.
Imaginez une histoire contée à plusieurs voix, mêlant poésie et spiritualité.
Imaginez un roman que vous ne pourriez lâcher avant d'en connaître la fin.
Imaginez un roman que vous ne voudriez pas quitter, envoûté par la beauté et la force de son écriture... si bien qu'une fois fini, vous vous diriez que vous le reliriez bien encore une fois.
N'imaginez plus. Lisez La Horde du Contrevent.

Alors, passée cette magnifique prose (merci...merci je suis très touchée) hommage à une encore plus magnifique quatrième de couverture, est-il nécessaire d’en dire plus pour vous donner envie de lire ce chef-d’oeuvre? Devrais-je vous dire que Alain Damasio fait de la haute voltige avec les mots? Lire Alain Damasio est une sensation physique, ses mots ont une texture et vous vous surprendrez (petits coquins!) à lire à haute voix pour profiter de leur sonorité, sonorité qui trouve d’ailleurs son écho dans la bande originale concoctée par Arno Alyvan.

Alain Damasio réussit également l’exercice difficile de faire parler 23 personnages. Déstabilisant les cinquante premières pages, on arrive rapidement à les différencier les uns des autres de par leur manière de s’exprimer.

Mais La Horde, ce n’est pas seulement une forme, c’est aussi un fond. La Horde aborde des thèmes aussi universels que l’amour, l’amitié, la loyauté, le renoncement de soi, la perte, à travers l’histoire d’une quête, l’origine du vent, qui devient obsessionnelle.

A mon avis, on ne peut sortir de La Horde en disant : « ouais c’était sympa » ou « ouais bof » sinon, c’est que vous êtes passés à côté. La Horde, vous l’adorerez ou vous détesterez (genre: « mais qu’est-ce que c’est que ce truc?! »). Oui c’est quitte ou double mais les grands romans sont ainsi.